ARTA fête ses 30 ans !

Les 25, 26 et 27 octobre 2019

ARTA fête ses 30 ans avec trois jours de portes ouvertes ! Instants de théâtre, de danse, films, musique, effervescence des cultures : l’esprit et la démarche de l’école avec celles et ceux qui l’ont traversée.

Événement ouvert à toutes et à tous

Les 30 ans d'ARTA

C’est en avril 1989, qu’ARTA a tout d’abord invité, depuis Bali, I Made Djimat, assisté de Cristina Wistari, à donner à la Cartoucherie leur premier stage de Topeng. Ils furent suivis en mai par l’indienne Kalanidhi Narayanan, assistée de Florence Auboux, pour un stage de «Bharata Natyam, abhinaya» ; puis en octobre par Zhang Chunhua, assisté de Chen Shufang pour Jingju (opéra de Pékin).

Nourrie par son expérience d’actrice au Théâtre du Soleil, Lucia Bensasson, encouragée par Ariane Mnouchkine, eut l’initiative de cette école « autre », ouverte aux grandes traditions d’acteurs à travers le monde. Fondée avec Claire Duhamel, ARTA fut d’emblée soutenue par le Ministère de la Culture. D’abord nomade, accueillie tour à tour par les cinq théâtre de la Cartoucherie, l’Aquarium, le Chaudron, l’Epée de Bois, le Soleil et la Tempête, ARTA put grâce à la Ville de Paris occuper jusqu’à aujourd’hui la maison blanche, réhabilitée. A partir de 1994, ont pu ainsi se multiplier ses activités dirigées vers la transmission, l’entraînement, la recherche et l’enrichissement artistique de l’acteur, « sans frontière », pouvant être aussi chanteur, musicien, danseur…

ARTA a tour à tour été présidée par Paul-Louis Mignon, Louis Joinet, puis Georges Banu. Depuis 1999, Jean-François Dusigne (ancien acteur du Théâtre du Soleil et professeur à l’université Paris 8), a succédé à Claire Duhamel pour poursuivre avec Lucia Bensasson le développement d’ARTA : tous deux en sont les directeurs artistiques. Ils sont assistés de Giulia Pesole pour l’administration et la communication.

Stimulant la découverte, les rencontres et les croisements entre pratiques scéniques du monde entier, ARTA invite à s’exercer autrement. Les traditions asiatiques et indiennes nous apprennent qu’il faut commencer par faire. Faire d’abord parler les corps. Et, par l’expérience de la scène, connaître, au contact de « personnes remarquables » issues des différents continents.

A travers le flux vivant des traditions, qu’elles soient asiatiques, européennes, russes, africaines ou américaines, il ne s’agit plus seulement de connaître les formes, mais de les éprouver, d’en maîtriser certaines, pour pouvoir consciemment jouer avec. L’expérimentation entre traditions et modernité vise à développer de nouveaux outils, ouvrir des voies, pour répondre concrètement aux défis et enjeux de la création contemporaine.

Vers un acteur-créateur

Nous cherchons à faire éclore des acteurs, qui pourraient disposer de la plus large palette, des poètes visionnaires à l’esprit voyageur, pouvant être tour à tour danseurs, chanteurs, marionnettistes… Des acteurs capables de passer aisément de la scène à l’écran sans donner la pénible impression de faire le grand écart…

Les asiatiques nous apprennent à nous glisser dans des partitions scéniques. Auprès des russes, nous avons pu nous exercer à chercher les impulsions d’action et les moteurs dramaturgiques. En suivant le flux des textes, nous pouvons nous laisser porter par l’énergie des rôles…

A la croisée des grandes sources de jeu, nous cherchons moins à former au théâtre tel qu’il est qu’à préparer un théâtre tel qu’il pourrait être.

C’est en effet une certaine idée de l’acteur qui se développe à ARTA : un acteur-créateur, non seulement interprète, mais joueur, capable d’être « force de proposition » :

  • Soit pour dépasser les attentes d’un metteur en scène, le surprendre, les acteurs doivent se rendre conscients des voies créatrices qu’ils empruntent.
  • Soit pour acquérir les capacités d’une réelle collaboration au sein d’une équipe ou d’un collectif.

Amenés à développer leur intentionnalité, avec les facultés de disponibilité (écoute, perception), et celles d’interaction, d’adaptation, d’anticipation, les acteurs sont invités à se confronter à des méthodes de travail qui peuvent leur être inhabituelles : ces expériences concrètes leur permettront ensuite de mieux répondre aux différents processus déployés lors d’une création, sans cesse réinventés.

Notes sur l’auctorialité de l’acteur, stage conduit par Emma Dante

Notre mission : accompagner, guider, stimuler

L’accompagnement, le dialogue avec les maîtres invités par ARTA, l’initiation et le croisement de traditions scéniques étrangères vise à aider chacune et chacun à cultiver son propre terreau créatif.

Lieu d’exercice et de maturation, notre école internationale entend créer le climat pour que chacun, chacune puisse par l’implication pratique tracer son chemin en apprenant à manœuvrer par tous les vents…

Et pour les « passeurs d’expériences », l’enjeu de la transmission consiste à accompagner à la maîtrise exigeante d’outils et de techniques, tout en incitant à ne pas se contenter des savoir-faire, voués à leur propre dépassement, dans la mesure où, par exemple, la dramaturgie se réinvente en permanence, avec l’extension de ses potentialités rhapsodiques.

L’appropriation sensible et poétique des nouvelles technologies est aussi à considérer.

De manière transversale, ARTA est enfin le lieu où penser le théâtre autrement, en explorant par exemple différentes modes relationnels avec les publics, soit dans le cadre convivial des théâtres, soit dans le tissu urbain, pour des expériences partenaires dans la ville, telles que théâtre immersif, in situ, dans les écoles, hôpitaux, prisons.)

Kelucharan Mohapatra avec Jean-François Dusigne et Lucia Bensasson

Régénérer, explorer, transmettre : du temps pour se mettre ou se remettre à l’école…

Nous voulons renouer avec ce qui fut aussi le principe moteur des théâtres d’art européens : offrir des temps indispensables de mises entre parenthèses, pour dans l’intervalle des créations, se remettre à l’école et chercher, imaginer ; se libérer des habituelles contraintes de production de la « machine à monter des spectacles » (qui hantait déjà Copeau), pour ne pas se laisser piéger par la routine et pouvoir se risquer à inventer, sans exploiter toujours les mêmes ficelles…

Le théâtre comme lieu d’Expérience de la rencontre

Dans un monde saturé d’images, le théâtre invite à renouer avec l’écoute, à prendre le temps de la relation sensible.

La Rencontre, dans le sens phénoménologique du terme, nous rappelle que le corps pense, et qu’on pense en bougeant.

Ensemble, porter attention au détail, pour considérer l’immensité, traverser le temps, voyager entre ici et ailleurs, mettre en jeu ce qui nous échappe, sonder les contradictions humaines, éclairer notre présence au monde.


Communication : Giulia Pesole, Marco Serena, Chiara Paoli
Scénographie : Federica Buffoli
Technique : Thibaut Fernandez
Restauration :  Clément Bonnet-Bidaud et Nina Traub de La Cantine de Verre

ARTA remercie tous les artistes et les participants mentionnés dans le programme, Marcus Borja et son équipe : Ayoub Bara, Laura Besenbruch, Aleksandra Betanska,Yoanna Bolzli, Tristan Bowles, Zélie Brault, Lola Burbail, Émilie Bouyssou, Sophie Canet, Baptiste Carrion-Weiss, Claïna Clavaron, Beatriz Coimbra, Etienne Cottereau, Thomas Da Costa, Simon Dartois, Jordan Dogo, Solomon Elechi, Martine Flé, Michèle Frontil, François Gardeil, Harshvardhan Garg, Nicolas Godart, Baptiste Gonthier, Lucas Gonzalez, Marine Gramond, Ada Harb, Lucie Hennebert, Loïc Heurteaut, Magda Ioannidi, Mathieu Jeammet, Nicolas Jean-Brianchon, Adèle Journaux, Marion Kergourlay, Fanny Laborie, Maxime Le Godec, Léa Lelièvre, Ysée Lienart, Jean-Max Mayer,  Antoine Maitrias, Ndiémé Mbengue, Loïc Mbia, Hugo Merck, Nathan Moreira, Joseph Morgan, Lucas Mortier, Alexandre Nicot, Milla Nizard, Elena Packhäuser, Josias Padilha, Loyan Pons de Vier, Clément Pradillon, Edouard, Rérolle, Lucie Rouxel, Laïs Salameh, Milena Sansonnetti, Benjamin Sulpice, Pierre Sutra, Eva Thicot, Rose Walls, Emeline Weickmans, Mathias Youb, Sophie Zafari.

ARTA remercie également les amis du Théâtre du Soleil, du Théâtre de la Tempête, Cécile Atlan, Anne Di Duca et Florence Hinard pour leur aide et soutien.